
Autrefois dans les villages presque toutes les maisons avaient un clapier dans la basse-cour. Mais ça, c’était une autre époque et j’y reviendrais.
Attention ! ce qui suis s’adresse aux lapins de ferme et non au lapins nains de compagnie.
Les herbes préférées du lapin seront celles que vous rencontrerez dans votre jardin ou sur les bords de chemin (non traités).
Les plantes toxiques pour le lapin :
L’anémone, la belladone, la cigüe, le colchique, la digitale, l’aconit, l’euphorbe, le mouron, la renoncule, le pavot, la primevère.
Pour éviter la météorisation, ne lui donnez pas la luzerne ou le trèfle fraichement coupé ou alors mélangez-les avec du foin.
Évitez de donner dans l’alimentation des fanes de betteraves, les épluchures de pommes de terre, les épinards.
Les bonnes herbes pour les lapins :
La fougère, le liseron, la chicorée sauvage, la verveine, le genêt, l’ortie blanche, la carotte, le pissenlit.
Maintenant vous savez quelles herbes distribuer, il y a une règle absolue, un impératif, ne jamais leur donner de l’herbe humide.
Je me rappelle enfant, une tache nous était demandée : Aller deux fois par semaine sur les bords des chemins creux ramasser ce qu’on appelait alors de la « vrillée » (liseron). Aussitôt renter avec notre petit chargement, nous devions l’étaler sur un grillage porté par deux tréteaux. Mon père en rentrant du travail trouvait une herbe parfaite pour la distribution. Il nous était formellement interdit de nourrir les lapins et voici pourquoi :
Un système digestif fragile :
Les jeunes lapins ont système digestif très fragile. Quelques simples verdures en trop peuvent causer des diarrhées qui peuvent être fatales.
Pour les lapins adultes, la distribution inconsidérée de luzerne ou de trèfle fraîchement coupé va entraîner la météorisation. Vous le remarquerez rapidement ; le ou les lapins sont prostrés, le ventre gonflé, les yeux fermés. (des gaz se sont formés dans son estomac). Un jeune total s’impose.
Cultivez l’herbe pour vos lapins.
Dans un jardin en permaculture l’herbe c’est souvent au verger qu’on la trouve sous les arbres. On fait une première coupe à la fin du printemps juste avant l’épiaison de graminées pour faire un excellent foin
Le regain fauché en été et en automne fournit un excellent fourrage vert.
Les plantes aromatiques dans les rations pour les lapins.
Rajoutez dans leur ration à l’engraissement, quelques brins de plantes aromatiques comme le serpolet, le romarin, le genévrier, mais aussi du fenouil, des céleris, du cerfeuil à graines. Cela donnera un goût incomparable à la chair de vos lapins.
« Les lapins sont des rongeurs ; permettez-leur de ronger. »
Offrez leur de petits rameaux de saule, de bouleau de noisetier, etc. comme pour les chèvres.
Attention ! ne distribuez jamais des rameaux de fruitiers à noyaux qui contiennent de l’acide cyanhydrique.
L’indispensable foin :
Distribuez-en à volonté, mais pas n’importe quel foin !
Un foin très sec et non poussiéreux. Un foin de prairie permanente riche en plantes diverses.
Distribuez le foin dans un petit râtelier pour éviter le gaspillage et les souillures.
Du potager une d’autres ressources :
De nombreux légumes en surnombre par exemple pourront rentrer dans la ration alimentaire des lapins.
Des racines fourragères peuvent être cultivées pour l’hiver (betterave, carotte fourragère).
Attention ! Ne donner pas aux mères allaitantes du persil ou du cerfeuil et même des fanes de carotte. Cela à pour effet de couper la lactation.
Enfin Les restes de cuisines et les grains :
En friandise, de temps à autre, on peut leur donner des épluchures de légumes, du pain rassis.
vous pouvez inclure dans son alimentation de l’orge, de l’avoine, du tournesol.
Quand distribuer la nourriture :
Rien de strict, c’est selon votre organisation journalière, mais il y a là aussi une règle à observer : la régularité. En effet, tout changement brusque d’habitude les perturbera.
Dans la nature les lapins se nourrissent tôt le matin, mais principalement le soir. Préférez la distribution principale en fin d’après midi.
Et dans le clapier tout le monde à droit à la même ration ?
Hé bien non !
Le lapin reproducteur, lui reçoit une ration régulière (selon le type d’alimentation que vous aurez choisi) agrémentée de rameaux à ronger.
Les lapines, deux cas se présentent :
- La lapine au repos reçoit comme le mâle une ration régulière agrémentée de rameaux à ronger et avec parcimonie de quelques friandises.
- Les lapines allaitantes demandent une ration plus riche :
Voici un exemple de Ration moyenne journalière d’une lapine en gestation et allaitante :
Les jeunes lapins après le sevrage à l’engraissement :
En plus du foin de l’herbe et autres verdures, donnez du son à peine humecté auquel on rajoute quelques gouttes d’huile de foie de morue (vitamine A et D). Distribuez aussi des plantes aromatiques.
L’alimentation industrielle, ce n’est pas plus simple ?
Oui ! Rien de plus simple ! L’alimentation se résumera là à du foin et les granulés à discrétion pour les lapins à l’engraissement et aux mères. La rationner pour éviter l’engraissement aux lapines au repos et aux maux.
La solution idéale c’est le mélange des deux :
C’est ce que mon père et moi plus tard avons pratiqué.
C’est la sécurité d’avoir des minéraux et des vitamines et la qualité du résultat grâce à une alimentation plus variée faite de bonnes herbes, d’aromatiques et de bonnes graines.
La coprophagie chez le lapin :
Vous avez bien nourri vos lapins, rassasiés, ils vont digérer. Mais vous allez voir, ce n’est pas très simple !
Un observateur attentif, mais peu averti peut voir un lapin courbé vers son anus en train de faire sa toilette. Il n’en est rien ! Il est en train de manger ses selles !
En effet, le cæcum de l’appareil digestif du lapin (Segment en forme de cul-de-sac du gros intestin) forme deux sortes d’excréments :
- De petites boules dures caractéristiques, qui, éliminées par le lapin, tombent sur la litière.
- Des petites boules onctueuses et molles qui donnent lieu à la coprophagie. L’ingestion de ces selles, directement à la sortie de l’anus, permet au lapin de profiter de l’amidon, des sucres, des vitamines, des enzymes et sels minéraux qui à la première digestion n’a pu fournir.
Le clapier au 21e siècle dans la basse-cour familiale :
On est bien loin de l’époque où le clapier était source de viande et de revenu grâce aux marchands qui sillonnaient les campagnes pour collecter les lapins.
Où passait aussi régulièrement dans les rues des bourgs le marchand de peaux de lapin criant pour alerter de sa venue : « Peaux de lapin, peaux, Peaux de lapin ! » En effet, ces peaux de lapin étaient aussi une autre petite source de revenus.
Je me demande du haut de mes sept décennies, si le clapier a encore sa place à la basse-cour. Comme on l’a vue leur donner une alimentation bio de qualité, c’est compliqué. Les lapins sont des animaux très fragiles et le clapier peut être anéanti par une épidémie de myxomatose par exemple.
Alors, avant de vous lancer pesez le pour et le contre.










